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La conversion dans la Bible



Article 1

Le premier week-end du mois de mars (2-3 mars 2024) a rassemblé les deux communautés assomptionnistes de Lyon (la communauté de Lyon Debrousse, et celle de Valpré, Ecully) avec la communauté chrétienne de Valpré, pour une retraite spirituelle sur le thème de la Conversion. Ce terme, selon le prédicateur de la retraite, le Fr. Nicolas Potteau, assomptionniste, peut nous faire peur parce qu’il nous renvoie à des choses qu’il faut changer. Cependant, rappelle-t-il, on ne peut parler de la conversion que parce que nous croyons en un Dieu d’Amour. Car c’est lorsque nous nous rendons compte de l’amour de Dieu pour nous que nous pouvons nous demander si nous avons autant d’amour pour lui. Se convertir, c’est donc se tourner vers ce Dieu qui nous donne son Amour.


La prédication du samedi matin était centrée sur « la conversion dans l’Ancien Testament ». Dans cette partie de la Bible, la conversion, exprimée par le verbe shouv (retourner, revenir), est une sorte de retour en arrière, au temps de l’Alliance. Il s’agit de revenir à l’engagement pris lors de l’Alliance, au cours de laquelle Dieu s’est engagé à prendre soin du peuple, et le peuple à obéir à Dieu. Les prophètes n’ont eu de cesse d’appeler les fils d’Israël à demeurer fidèles à cet engagement. Ils ont condamné notamment deux grands péchés. Le premier est le péché de l’infidélité, le péché de la désobéissance. Les prophètes le désignent parfois par la métaphore de la prostitution, à laquelle beaucoup de rois en Israël ont succombé. Et d’après l’Ancien Testament, c’est l’obstination du peuple dans cette prostitution qui aurait provoqué la catastrophe de la déportation à Babylone. Le second grand péché est le péché contre le frère. Il s’agit notamment de l’exploitation des pauvres, vécue comme une offense à Dieu. Cependant, malgré l’infidélité du peuple, Dieu n’agit pas envers lui comme un homme. Il ne l’abandonne pas. Au contraire, il l’invite à revenir à lui, à revenir à l’engagement de l’Alliance. Mais la conversion dans l’Ancien Testament n’est pas simplement extérieure. Il faut changer des choses à l’intérieur pour avoir des répercutions à l’extérieur. D’où l’appel pressant des prophètes pour que l’homme change son cœur pour le conformer aux préceptes de Dieu. Mais le cœur, dans la Bible, n’est pas l’organe ; c’est ce qui constitue l’homme dans sa réalité la plus profonde : mon cœur c’est ce que je suis. La conversion est donc un retour de l’homme à Dieu depuis son cœur, avec tout ce qu’il est. Le livre du Deutéronome, qui encourage fortement à la conversion, nous enseigne que, par l’alliance et le don de la Loi, Dieu nous a balisé un chemin. Lorsque nous nous en écartons, nous nous engageons dans des ronces, des chemins qui ne nous mènent nulle part. Il convient de toujours écouter Dieu, c’est-à-dire entendre et mettre en pratique ses préceptes.


La grande tentation c’est l’oubli de Dieu. Comment répondons-nous à son Amour ? Dieu représente-il quelqu’un d’important dans notre vie quotidienne ? En effet, pour ne pas courir le risque de l’oublier, il convient d’avoir des rendez-vous réguliers avec Dieu dans la journée. Mais il faut rester réaliste. Il ne s’agit pas d’en faire trop dès le départ mais d’organiser notre vie de prière pour avoir un rendez-vous régulier avec lui. Car la régularité est importante pour la vie spirituelle. Le temps de carême que nous vivions tous les ans nous permet de faire le point sur l’année précédente, et de repérer ce qu’il nous faut améliorer dans notre vie et faire ce qu’il faut pour revenir à Dieu. Le carême est surtout un temps pour apprendre à devenir petits, pour nous rapprocher du Christ, lui qui nous montre le chemin de l’humilité.


Article 2


Le temps d’enseignement de l’après-midi du samedi a porté cette fois sur « la conversion dans le Nouveau Testament ». Le Fr. Nicolas a d’abord rappelé qu’à la différence de l’Ancien Testament où la conversion est un retour en arrière, au temps de l’Alliance, la conversion dans le Nouveau Testament est un appel à aller de l’avant. Mais il a également souligné la difficulté de parler de la conversion dans le Nouveau Testament. D’abord dans la Septante (traduction grecque de l’Ancien Testament), le verbe employé pour parler de la conversion c’est le verbe epistrophê qui signifie « se retourner » vers Dieu. En revanche dans le Nouveau Testament, se convertir est chargé d’une connotation morale. Le terme employé pour parler de la conversion est la metanoïa qui implique de se repentir, de changer quelque chose dans notre vie. La conversion est donc à la fois se tourner vers Dieu mais aussi regretter notre péché, tout ce qui nous éloigne de Dieu.


Dans le Nouveau Testament Jean Baptiste est le premier à parler de conversion en annonçant un baptême de conversion. Il faut regretter son péché et venir se faire baptiser. Mais il y a une différence chez Jésus. En effet, l’évangile de Matthieu explique pourquoi il faut se convertir : il faut se convertir pour entrer dans le royaume de Dieu. On ne se converti pas par peur, mais pour accueillir le royaume. Cette expression, le royaume de Dieu, signifie que Dieu règne ; qu’il règne d’abord dans notre vie. La conversion est une manière de se préparer au Royaume de Dieu, à laisser Dieu régner dans notre vie. Jésus insiste davantage sur l’urgence de la conversion : les temps sont accomplis, la conversion c’est maintenant ! Il faut orienter notre vie vers Dieu. Se convertir c’est faire correspondre notre vie à l’Évangile. Jésus nous tourne vers l’avenir et vers la joie. En Luc 15, les trois petites paraboles se terminent par la joie : le berger se réjouit d’avoir retrouvé sa brebis perdue ; la femme se réjouit pour sa drachme retrouvée et le père fête le retour en vie de son enfant. La conversion se termine par la joie ; elle est une libération qui nous rend joyeux ; et la joie nous permet d’avancer beaucoup plus facilement dans la vie. C’est l’exemple de Matthieu (Levi) appelé par Jésus pour être son disciple ; cet appel l’amène à une nouvelle vie. La conversion est une progression vers le bien.


Dieu règne-t-il vraiment dans ma vie ? Comment est-ce que ma vie se laisse transformer par l’Évangile ?


Fr. Makawouna Paul-Martin TALAKE

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