Vivre sa vocation avec Marie !

En ce dimanche des vocations, où le Christ nous est donné comme le bon pasteur ; rappelons-nous, au risque d’être un peu iconoclaste ou bien de passer pour extravagants que la première vocation dans l’Eglise a été portée par Marie, qui la reçoit au jour de la rencontre de l’ange. Revenons alors sur ce que nous appelons l’Annonciation à la Vierge Marie.



Quelle fraîcheur dans cette annonce faite à Marie (Luc 1,26-38) ! Quelle pudeur dans ce coup d’envoi de ce que nous croyants chrétiens considérons comme le plus grand événement de l’histoire ! Marie, toute jeunette, ne s’y est pas trompée, tant le message était explicite : oui, c’est elle qui était choisie pour enfanter le Messie attendu depuis des siècles. Pareille idée ne lui avait jamais effleuré l’esprit, pas même en rêve ; oui, Dieu l’avait voulu ainsi. Pourquoi ? Elle l’ignorait mais tout allait se réaliser d’une manière exceptionnelle selon le dessein de Dieu compte tenu de sa disponibilité à elle. Premier épisode d’une grande aventure, Marie en était bien consciente. Mais que d’imprévus au seuil et au cours de cette histoire ! Un accouchement bien particulier, à la sauvette, même si anges et bergers étaient au rendez-vous, horizons inimaginables ouverts par Siméon aux parents ébahis – « cet enfant sera lumière des nations » – avec une sourdine de taille à la clé – « et toi-même un glaive te transpercera l’âme » – à laquelle les années de vie ordinaire cachée n’apporteraient pas de réponse.

Mais à peine commencée, la mission dévoilée de Jésus allait la lui donner. Presque rien ne se déroulant comme prévu, Marie est allée de surprise en surprise jusqu’au drame deviné longtemps à l’avance dans son cœur de mère. Mais l’inédit, l’insolite n’ébranleront pas sa foi qui tiendra bon jusqu’au bout. Bref, une vie où la réalité a éclipsé le déroulement de l’ère messianique telle qu’on la prévoyait.



N’est-ce pas notre situation en ces jours de confinement et de nouvelles alarmantes de tous côtés ? Confiants dans l’efficacité de nos connaissances et techniques médicales et autres, nous imaginions que les grandes pandémies relevaient d’une époque révolue. Et nous découvrons notre impuissance à éradiquer un virus que la mondialisation répand de tous côtés en dépit de toutes les précautions auxquelles nous nous astreignons. La fragilité de notre monde saute aux yeux.

Mais que le nombre considérable de victimes, que l’ampleur du désastre, que la crainte d’être frappés nous et nos proches ne nous fassent pas oublier la vague de solidarité en cours, la générosité des soignants, les initiatives des paroisses et mouvements pour accompagner les fidèles privés d’assemblées eucharistiques comme le sont, ne l’oublions pas, nos frères chrétiens à longueur de mois et d’année sur d’autres continents. Et honorons les attitudes que nous recommandent notre pape et nos pasteurs. Que la prière et la Parole de Dieu soient notre réconfort jour après jour. J’ai beaucoup apprécié cette parole que nous annonçait le prophète Isaïe ce lundi : « Je vais recréer Jérusalem pour qu’elle soit exultation, et que son peuple devienne Joie. J’exulterai en Jérusalem, je trouverai ma joie dans mon peuple. »


Père Claude Maréchal, aa

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