QUE LA JOIE DEMEURE

Dernière mise à jour : 23 mars 2020



« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » (Jn 3, 16).


En ce quatrième dimanche de carême, l’Eglise nous invite à voir l’essentiel de la vie « Jésus Lumière du monde ».Ce quatrième dimanche du Carême est appelé « dimanche de la joie ». Toute la liturgie de ce jour nous invite à nous réjouir et à exulter. La raison de cette joie, c’est la découverte émerveillée du monde de Dieu dans lequel nous sommes tous appelés à vivre. C’est l’anticipation d’une réjouissance pascale entre Jésus et l’aveugle de naissance.

Le monde devant Dieu:

Dieu veut que la vie de chaque personne soit sauvé et son souci ; que la vie lui soit heureuse. Mais en ce temps d’épidémie, Dieu dans tout cela, où est-il ? Serions-nous aveugles ou bien simplement rendus incapables de voir par le brouillard actuel, dont on espère qu’il va se dissiper ?

Au temps de Jésus dans l'Evangile de ce Dimanche on entend la question des disciples : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? ». Faut-il mettre toute notre énergie à répondre à la question : à qui la faute ?

Si « Dieu a tant aimé le monde… » : C’est qu’il y a là un regard positif sur les réalités du monde. Faut-il être pessimiste : « le monde est pourri ; il n’y a rien à faire ! » Et les justifications à ce discours ne manquent pas lorsque nous lisons les journaux ou regardons les actualités. A longueur de colonnes s’étalent les violences, les bassesses de toutes sortes, les dépravations morales, les égoïsmes collectifs et individuels…

« Rabbi, qui a péché ? » Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. Il nous faut travailler aux œuvres de Celui qui m’a envoyé, tant qu’il fait jour ; la nuit vient où personne ne pourra plus y travailler. Aussi longtemps que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. »

Dieu aime le monde et nous invite à l’aimer. Cela signifie que, loin de se résigner au mal qui existe dans ce monde, Dieu veut le sauver. Et le sauver avec nous, afin que nous puissions achever l’œuvre de sa création « Le Seigneur est mon Berger, rien ne saurait me manquer ». Oser croire à un amour qui ne juge pas, mais qui sauve. Nous sommes appelés à croire à celui qui est mort sur la Croix pour que nous vivions.


Appelés à collaborer :

En attendant que cette joie soit parfaite, il faudra passer par la passion : « ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’au bout » (Jn 13, 1). Ne sommes-nous pas appelés à ouvrir nos yeux, à élargir nos horizons et étendre nos regards vers une autre terre ? L’aveuglement collectif d’une confiance absolue dans la toute-puissance matérielle et technologique ne doit-il pas faire place au désir d’une nouvelle manière d’être frères et sœurs. Ne sommes-nous pas appelés plus que jamais à vivre la prière de Jésus : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».

Comment voyons-nous notre rôle dans notre ville confinée ? Que pensons-nous des chrétiens d’Afrique, d’Asie, des communautés d’Amazonie privées d’Eucharistie pendant des mois, faute de prêtres ? Comment sommes-nous missionnaire ? Etre des hommes et des femmes de Vérité ? Ne faut-il pas ici et maintenant faire écho à une parole de Salut, de vie, de résurrection.

Reprenant les choses à la base, on pourrait dire comme Tertulien : « On ne naît pas chrétien, on le devient ». (Tertullien, un chrétien du deuxième siècle, un de ceux que l'on a appelé les pères de l'Eglise).

On peut être né dans une famille chrétienne, être baptisé : suffit-il pour être un véritable disciple du Christ ? Devenir chrétien, c'est apprendre à aimer comme Dieu nous aime, c’est-à-dire à se faire serviteur de ceux que l’on aime, de ces frères et sœurs en humanité à la suite du Christ.


La vie chrétienne est une vie décidée à la suite du Christ. Les premiers chrétiens entendaient le baptême comme une illumination : la Lumière du Christ dénonce nos aveuglements, nos convoitises, nos égoïsmes et nous renouvelle l’Amour dont nous sommes aimés et dont il nous faut témoigner de cet Amour ? C’est pourquoi Saint Paul nous dit dans la deuxième lecture, la Lettre aux Ephésiens: « Réveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera. »


Fr.Rémi-Clovis, diacre. Valpré, le dimanche 22 mars 2020

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