"Nous avons besoin d'hommes et de femmes passionnés par Jésus-Christ"

Message du Père Benoît Grière, supérieur général des Augustins de l'Assomption, à l'occasion du 70ème anniversaire du martyre des Bienheureux Pères Kamen Vitchev, Pavel Djidjov et Josaphat Chichkov.



Chers Frères, chères Soeurs, chers Amis,


Le 11 novembre 1952 étaient exécutés à Sofia (Bulgarie) les Pères Kamen Vitchev, Pavel Djidjov et Josaphat Chichkov après une parodie de procès pour espionnage. Leurs vies étaient broyées par un appareil d’État qui prétendait apportait la paix et la liberté au peuple bulgare. Nous avons longtemps été dans l'incertitude quant à la date exacte de leur martyre. Le travail réalisé par les historiens sous l'égide du Père Bernard Holzner, postulateur de leur cause, a permis de préciser le jour exact de leur exécution.




Aujourd'hui, 70 ans après, nous continuons de nous souvenir du don qu'ils ont fait de leur personne. Accusés d'être "espions, comploteurs et voulant préparer une guerre impérialiste contre l'URSS, la Bulgarie et les démocraties populaires", les trois religieux assomptionnistes ont été assassinés en haine de la Foi en Jésus-Christ. Avec l'évêque passioniste [congrégation de la Passion de Jésus-Christ, ndlr], Mgr Eugène Bossilkov, ils ont été victimes d'une campagne odieuse qui avait pour but d'éradiquer la foi chrétienne du monde bulgare. Nous avons un devoir de reconnaissance envers eux. Ils sont aussi nos intercesseurs auprès du Père pour notre "petite Mission d'Orient".


Alors que vient d'avoir lieu une rencontre à Bucarest (Roumanie) où religieux et religieuses ont réfléchi sur leur mission, il est bon de rappeler la mémoire de nos aînés. Aujourd'hui, comme hier, nous avons besoin de témoins fidèles. D'hommes et de femmes totalement dédiés à la cause de l’Évangile, et prêts à prendre des risques pour annoncer la foi en Jésus-Christ. Le 34ème chapitre général étudiera comment être plus pertinents dans le monde aujourd'hui pour cette annonce. Les temsp ont changé, mais probablement que l'hostilité envers le christianisme est plus insidieuse que jamais. Tel un poison, cette hostilité se diffuse dans nos sociétés qui se croient devenues adultes et libres, sans besoin d'une référence à Dieu. Nous ne pouvons pas baisser les bras et nous contenter de lamentations. Notre temps est celui de la mobilisation, celui de l'engagement résolu et déterminé afin d'apporter la beauté de l’Évangile à notre monde. Nous avons besoin d'hommes et de femmes passionnés par Jésus-Christ, des êtres de feu capables de porter autour d'eux l'annonce du Royaume qui vient. Kamen, Pavel et Josaphat sont des modèles pour nous tous. Ils nous indiquent un chemin à suivre, celui de la confiance et de l'espérance. J'ai eu la chance de connaître les derniers assomptionnistes bulgares et je crois qu'ils avaient compris que l'Histoire ne s'arrêterait pas au pied du peloton d'exécution. Comme le Père Gorazd Kourtev qui, dans le couloir de sa prison où il était assigné au nettoyage murmurait "Assomption" pour communiquer avec les autres détenus en espérant trouver un frère assomptionniste parmi eux ; nous pouvons nous aussi répéter ce beau mot "Assomption" pour manifester notre foi dans l'avenir.


Chers Frères, chères Sœurs, chers Amis, nous sommes des témoins du Royaume. Puissions-nous ne jamais faillir dans notre Foi ; puissions-nous être prêts à donner notre vie pour proclamer que le Royaume est là, tout proche. Avec Kamen, Pavel et Josaphat soyons des portes ouvertes sur les réalités éternelles.

Fraternellement.



 

Hymne des Laudes pour les Martyrs




Puissance et gloire de l’Esprit :

Heureux les vrais martyrs !

La chair dont Dieu les a pétris

En lui pourra surgir.

​Pareil aux grains qui sont broyés Pour être notre pain,

Leur corps se joint au Corps brisé

Qui s’offre par nos mains.

Leur sang se mêle au Sang sauveur

Qui lave nos péchés ;

Ils sont l’amour du même Cœur

Qui nous a tant aimés.

Heureux qui donne sans compter

Jusqu’à sa propre chair !

Il trouve en Dieu sa liberté,

Visage découvert.

​La chair est vaine sans l’Esprit

Et cendre dans la mort.

Par votre croix, Seigneur, survit

La gloire de nos corps.

​Dans vos martyrs, c’est vous qu’on tue,

Mais vous qu’on glorifie ;

Car votre Église en eux salue

La force de l’Esprit.

Le grain survit dans la moisson,

Au jour de votre jour.

La vie, la mort n’ont plus de nom

Au règne de l’Amour.








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