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  • Arnaud, aa

L’anniversaire de la fondation de la congrégation des RA

Homélie du frère Tuan lors de la messe en l'honneur de l'anniversaire de la Fondation de la congrégation (le 20 avril 2839) : fonder sur la « pierre vivante », Jésus Christ



Bien chères soeurs,

Vous voilà de retour dans le pays lyonnais depuis quelques mois ! nous nous en réjouissons ! Evidemment, ceci n’est pas une nouvelle fondation : vous êtes sans savoir que les RA se sont installées à déjà Lyon, après Bordeaux, en 1862. L’installation à Lyon fut marquée aussi par P. D’Alzon qui pousse activement cette affaire. Ce retour signifie aussi que, plus de 180 après la fondation des RA, l’œuvre continue de poursuivre son chemin tant que Dieu veut qu’elle dure. Rendons grâce pour cette œuvre qui est nécessaire, comme aimait dire Mère Marie Eugénie.

Avec un regard d’un frère AA, j’aimerais relire avec vous de façon brève la fondation des RA, car je pense qu’il est très intéressant de voir comment cela a commencé. Vous me pardonnerez s’il y a des lacunes.

Une entreprise hasardeuse ?

Dans l’acte de naissance des RA, on ne peut faire abstraction d’une rencontre importante entre Anne-Eugénie Milleret de Brou, future Mère Marie-Eugénie et d’un prêtre nommé Combalot, prédicateur à st-Eustache à Paris. Hasard ou providentiel ? Touchée par l’amour de Dieu et ouverte à son appel grâce à la prédication du P. Lacordaire à N-D de Paris, la jeune fille a été vite dans le viseur du P. Combalot, il lui confie son intuition de fonder une congrégation féminine ; malgré ses résistances, car elle alors était jeune et ne se voit pas fondatrice…M. Combalot ne la lâche pas ! Anne-Eugénie comprend peu à peu le chemin qui s’ouvre à elle. En confiance, elle accepte de se mettre en chemin. Après un an de retraite chez les Bénédictines du st-Sacrement, puis un an au noviciat. Le 30 juin 1839 Anne-Eugénie pose les jalons de la fondation des RA. Elles sont trois au moment de la fondation. Elles ont commencé vraiment petit ! trois jeunes femmes démarrent dans la vie religieuse, dans un petit appartement de la rue Férou, près de st Sulpice. Mais, le peu de moyen au départ n’importe peu. La difficulté se trouve ailleurs : si la fondation des RA trouve sa première impulsion chez M. Combalot. De plus en plus, les religieuses ne peuvent plus compter sur lui en raison de son incohérence et son instabilité. La rupture s’est produite avec lui. Cette épreuve risque de détruire l’œuvre naissante, heureusement grâce à cette conviction : que RA est dans le projet de Dieu, qu’elle est nécessaire et grâce aussi à l’entrée en scène d’un homme, P. Alzon, ami de l’abbé Combalot, qui devrait devenir un guide, un ami fidèle et un appui. Par la suite, c’est lui qui encourage Sr Marie-Eugénie à accepter sa place de supérieure et d’être élue Supérieure générale à vie. Tout le monde aurait pu croire que cette petite communauté ne tiendra pas, tel était ce que pensait Mgr Gros, lui qui accepta d’être le supérieur de cette communauté : tout simplement, d’après lui, il lui manque trop d’éléments. Mais Dieu a décidé autrement. Les sœurs ont prononcé leurs premiers vœux, puis est ouvert le 1er pensionnat…Ainsi l’arbre Assomption grandit.

Toutes les épreuves au début de la fondation nous fait voir que le chemin de Dieu est impénétrable. Entre l’intuition d’un homme peu capable de mener au terme l’œuvre et la générosité et la foi de quelques femmes Dieu a fait naître quelque chose de bon. Dans cette naissance de l’Assomption, il nous faut parler de la personnalité des protagonistes et surtout, à la tête, Mère Marie-Eugénie. Qu’est-ce qui leur a permis de surmonter les épreuves ? Sinon parce qu’elles ont su mettre confiance en Dieu et ont su bâtir le projet sur la pierre vivante, le Christ.

Fonder sur le Christ, pierre vivante

C’est précisément ce que st Pierre nous rappelle dans la lecture : Le Christ est la pierre vivante. Tel est la clé qui a aidé Sr. Marie Eugénie et ses amies dans le début de l’oeuvre. Fonder les RA n’était pas dans la tête de Marie-Eugénie. Eugénie voulait répondre à l’amour infini de Dieu qu’elle a entrevu à sa première communion, à ce Dieu qu’elle désire découvrir davantage. Des femmes remplies de foi viennent la rejoindre. Anastasie, puis Kate O’Neil, une jeune femme irlandaise. C’est avec cette conviction que la petite communauté, congrégation est fondée sur le Christ que ces femmes avancent sur cette aventure. Ce fut une véritable aventure, et elle est belle. A Noël 1844 : les sœurs ont exprimé : Me consacrer à étendre par toute ma vie le Règne de notre Seigneur Jésus Christ.

Ainsi, Jésus est au cœur de leur vie et leur activité. Une vie contemplative soutenue par la prière traduit ce qui les motive : faire connaître et aimer Jésus Christ. Par quels moyens ? Prière, éducation, être auprès des pauvres…

L’héritage que les sœurs fondatrices laissent, je crois, ce n’est pas tout d’abord les bâtiments, mais surtout cette confiance sans faille en la conduite de Dieu ; prendre appui sur le roc. C’est en s’appuyant sur la pierre vivante Jésus Christ qu’elles sont devenues les pierres de fondations d’un bel ouvrage que nous voyons aujourd’hui.

Compter sur la conduite de Dieu, les sœurs savent aussi compter sur les hommes, les personnes que la Providence leur ont fait croiser sur leur chemin. Parmi ces personnes, comment ne pas mentionner la figure du p. D’Alzon ; et le lien entre M. marie Eugénie et p. D’Alzon. Je trouve cette amitié extrêmement belle ! Ce n’est pas la première dans l’histoire des saints. Regarder vers le même but, la même direction fait de véritables frères, sœurs et amis dans le Christ. P. D’Alzon, peu avant sa mort, écrit à Marie-Eugénie : « Il n’y a que Dieu qui reste, et quelques amis, quand Dieu le permet. Je vous mets au premier rang de ceux qui me restent ». Cette amitié nous rappelle qu’il est très important de tisser des liens afin d’avancer ensemble.

Bien chères sœurs,

On a beau dire : l’âge moyen de chaque congrégation est 200 ans environ, mais avec le Christ, il n’y a pas d’âge ; il rajeunit ses amis et renouvelle leurs œuvres. Alors que nous fêtons l’anniversaire de la fondation, nous relisons les signes de Dieu dans son histoire. Continuez de Fonder sur le Christ afin que, comme les pionnières, vous aussi, vous devenez pierres de fondations.

Fr. Tuan a.a





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