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JÉSUS AVAIT UN AMI ...



« En ce temps-là, il y avait quelqu’un de malade », Jésus était son ami ; Jésus ne l’a pas guéri, et il est mort.

« En ce temps-là, il y avait quelqu’un de malade », il est mort ; Jésus était son ami et la gloire de Dieu a été révélée.


Je résume ainsi le mystère de cet évangile.

Cet évangile nous présente de nombreux personnages et il semble que chacun éclaire un aspect du mystère central de ce récit. Je voudrais concentrer notre attention sur un petit groupe de personnages, les Juifs, traversé par un débat (versets 36 et 37) :

« Jésus fondit en larmes. Les Juifs disaient donc : C’était vraiment son ami ! Mais quelques uns d’entre eux dirent : Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas aussi faire en sorte que cet homme ne meure pas ? »



Avec ces contemporains, nous voyons l’émotion de Jésus, son attachement à Lazare, sa tristesse. Cette amitié du Christ pour nous fait partie de la Bonne Nouvelle chrétienne. Nous entrons par le baptême et la vie dans l’Esprit dans une relation avec Dieu qui est une relation d’amitié. Mais, parfois, nous nous interrogeons aussi : puisqu’Il est si puissant, à quoi me sert son amitié s’il ne déploie pas sa puissance dans ma vie pour écarter de moi le mal, la maladie, la peine ?


Dans les récits des évangiles, Jésus guérit souvent. Au chapitre 9 de l’évangile selon Jean (évangile du précédent dimanche) il guérit un aveugle-né à Jérusalem - c’est la guérison à laquelle il est fait référence dans notre passage. Dans les évangiles selon Marc, Matthieu et Luc, plus souvent encore, nous voyons Jésus guérir. La maladie est déjà là, parfois on nous dit que le malade l’est depuis longtemps, ou bien que de nombreux traitements ont été essayé en vain, et, dans cette situation, Jésus intervient. Dénouement : guérison.


Mais dans l’histoire de Lazare, les choses sont différentes. En effet, Jésus est prévenu de la maladie de Lazare, et il ne fait rien pour en empêcher l’issue dramatique : la mort de Lazare, son ami. Pourquoi n’a-t-il rien fait ? Pourquoi n’a-t-il pas empêché la mort de Lazare ? Pourquoi n’est-il pas intervenu ?

La maladie et la mort ne sont pas des problèmes auxquels la relation avec Jésus ou la foi en Jésus seraient une solution. Problème... solution... Nous pensons spontanément ainsi, nous cherchons des moyens pour rétablir ou prolonger la vie telle que nous la connaissons, la vie bonne, entourée d’une famille et d’amis.

L’évangile que nous avons entendu nous révèle que la relation avec Jésus et la foi en lui ne sont pas de l’ordre d’une solution. Car, pour Jésus lui-même, la maladie et la mort sont des données - font partie du donné de l’existence humaine, - font partie de ce que nous sommes, de notre humanité.


L’amitié de Jésus n’est pas une solution à la maladie et la mort, mais bien un au-delà de la maladie et de la mort : elle nous emmène plus loin que mort et maladie ; elle inclut et dépasse ces données brutales de notre existence dans une réalité plus vaste de notre existence et de notre humanité.


Le rappel de Lazare à la vie ordinaire devient le signe de la fidélité de Dieu, d’une amitié qui plonge l’épreuve de la maladie, l’expérience du mal et la mort même dans la communion vivifiante avec Lui.

Seigneur, par la puissance de ton Esprit, que cette épreuve soit illuminée de ta gloire : que nous la vivions, en entier, telle qu’elle est pour chacun, en communion avec Toi - notre ami qui communie aux joies, peines et épreuves de nos vies. « Puisque l’Esprit nous fait vivre, marchons sous la conduite de l’Esprit » (lettre aux Galates, 5, v.25)

Fr. Régis Grosperrin

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