Homélie 23 janvier 2022 – Dimanche de la Parole – Valpré - Sappel


Texte d'appui: Lc 1, 1-4 ; 4, 14-21

NB: à l'occasion de cette célébration du "Dimanche de la Parole" plus de 40 familles du Quart-Monde, proches sur SAPPEL, ont été abonnés gratuitement pour un an à Prions en Eglise.



Très chers frères et sœurs, amis dans le Seigneur,

Bonne année.


« Aujourd‘hui s’accomplit ce passage de l’Ecriture. »

Aujourd’hui. Ce mot aujourd’hui a été mis en valeur quand nous avons préparé avec l’équipe liturgique et quelques personnes du Sappel.


Quelqu’un a dit quelque chose comme : « Aujourd’hui, parce qu’il n’y a pas de raison d’attendre ». Et cette petite perle : « Agir en écoutant les autres ». (agir en écoutant… !!)


Au quotidien, la parole est essentielle à notre vie. Je parle de la parole humaine. C’est ce qu’on a dit lundi soir en préparant : on a tous besoin les uns des autres. La parole, d’une part c’est ce qui nous permet de nous exprimer, d’exister en quelque sorte, et aussi c’est ce qui fait du lien entre nous. Nous devons prendre soin de notre parole, parce qu’elle peut faire du bien mais aussi elle peut faire du mal. Que parfois il y a des quiproquos, on ne se comprend pas.


La manière de prendre soin de la parole, c’est d’écouter. « Agir en écoutant les autres. »


De la même manière que la parole fait du lien entre nous, Dieu parle pour établir un lien entre lui et nous. De même que la parole nous fait grandir, nous révèle à nous-mêmes, Jésus Parole de Dieu se fait notre frère pour que nous grandissions dans la main du Père.


Alors écoutons cette Parole d’aujourd’hui : « Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres ; annoncer aux captifs la libération, et aux aveugles qu’ils recouvreront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur. » « Jésus donne sa mission en quelques mots. »


Si vous demandez aux candidats aux présidentielles s’ils sont d’accord pour redonner la vue aux aveugles, bon ils vont dire oui. Une année favorable, ils sont d’accord, surtout pour eux. Mais libérer les prisonniers et les opprimés ? La bonne nouvelle aux pauvres ? Là je ne suis pas sûr.


La Bonne Nouvelle de Jésus, c’est qu’il est venu par pur amour, pour donner à chacune, chacun, riches et pauvres, son amour. Et en même temps, on entend clairement que c’est aussi une transformation sociale, ce qu’au Secours Catholique on appelle la révolution fraternelle.


Quelques autres paroles de Jésus à ce propos. Quand Marie est visitée par l’ange qu’est-ce qu’elle dit ? « Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. » C’est un peu le monde à l’envers.

Et Jésus va dire une autre chose qui ne nous arrange pas, nous les riches :

La première : « Il est plus difficile à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu qu’à un chameau de passer par le trou d’une aiguille. »


(Lc 10, 17-21) Un peu plus loin dans le même évangile ; Jésus envoie en mission les soixante-douze disciples, et ils reviennent tout joyeux, parce qu’ils tordent le cou au mal, aux esprits mauvais. Et Jésus leur dit « ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. »

Et à l’instant même, il se produit quelque chose d’extraordinaire, Jésus exulte de joie sous l’action de l’Esprit Saint, et il dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. »


Jésus est au début des 3 ans qu’il va passer à sillonner les routes de Galilée et de Judée. Son premier discours de campagne : « La Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres »


Au Sappel, nous nous retrouvons pauvres et riches toutes les 2 semaines pour prendre des nouvelles les uns des autres, nous soutenir, et prier ensemble, et nous essayons de garder le lien en dehors. Et je suis souvent émerveillé par la puissance de la foi et de la parole des personnes qui ont la vie difficile. L’expérience des plus pauvres, des personnes qui ont des difficultés de santé, physique ou psychique, c’est une vie de privations, d’humiliations sociales, de dépendance des autres ou des institutions, de combat au quotidien pour survivre plutôt que pour vivre. Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les recherches sérieuses sur le sujet qui s’appuient sur la parole des personnes elles-mêmes.


Et bien c’est à ces personnes que Dieu a réservé la meilleure part de son amour, la meilleure part de sa miséricorde, la meilleure part de sa bienveillance.


Moi qui suis riche, je suis en danger. Je suis riche d’avoir été élevé dans une famille aimante et unie. Riche d’avoir fait de bonnes études. Riche de n’avoir pas eu de difficulté pour avoir un travail, et un travail qui paye bien. Riches de beaucoup de relations sociales. Mais je suis en danger parce que tout cela me met dans un confort illusoire. Ça me fait croire que je peux m’en sortir par moi-même, que je peux me débrouiller sans Dieu, que je vais le reléguer dans son petit coin, une heure le dimanche.


C’est cela le grand cadeau que Dieu nous fait par les pauvres, par tous ceux qui ont une vie difficile : ils savent, elles savent que leur vie, elle vient de Dieu. Leur force, elle est en Dieu. « Elle nous délivre de nos peurs. Elle est annonciatrice de bienfaits. » Allons vers eux pour apprendre la Miséricorde de Dieu.


Un dernier mot, et sur l’unité des chrétiens, et sur la démarche synodale qui est en cours dans l’Eglise dans le monde entier, et dans laquelle notre évêque nous demande de nous engager sans peur. Je rejoins les deux, parce que c’est exactement la même démarche. Et aussi parce que le travail d’unité des chrétiens, nous avons à le vivre déjà ici à Ecully.


La démarche synodale, la démarche de l’unité des chrétiens, c’est de faire route ensemble à l’écoute de l’Esprit Saint. Si je crois en l’Esprit Saint, si je crois en Jésus, alors je crois qu’Il me parle par chaque chrétien, et même par chaque personne humaine Je crois qu’il est présent discrètement dans le meilleur de chacune, de chacun. Alors, si je veux connaître Jésus, je dois apprendre à écouter l’autre, jusqu’au bout, écouter l’Esprit, jusqu’au bout et entrer dans une conversion personnelle à partir de ce que l’Esprit me dit par les autres. Comme les pèlerins d’Emmaüs : « nos cœurs n’étaient-ils pas tous brûlants ? »

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