Envisager la réforme de l'Eglise. L'exemple de la pensée des Saints.

Lettre de St Jean LEONARDI, prêtre au pape Paul V. prêtre, fondateur des Clercs de la Mère de Dieu (✝ 1609)



Ceux qui veulent s’appliquer à la réforme des mœurs recherchent avant tout la gloire du Seigneur. C’est donc sur lui, auteur de tous les biens, qu’ils doivent compter en premier, et c’est lui qu’ils doivent prier pour qu’il les aide dans une affaire aussi salutaire et aussi ardue. Ensuite, qu’ils se placent eux-mêmes sous les yeux de ceux qui ont besoin de réforme, comme des miroirs de toutes les vertus et comme des lampes mise sur le lampadaire ; qu’ils brillent devant tous ceux qui sont dans la maison du Seigneur par l’intégrité de leur vie et l’éclat de leur conduite. Ainsi, ils les attireront aimablement à la réforme plutôt qu’ils ne les y contraindront. Il ne faut pas, selon le concile de Trente, demander au corps ce qu’on ne trouve pas dans la tête, car on ébranlerait ainsi l’état et l’ordre de toute la famille du Seigneur. En outre, ils veilleront, comme de sages médecins, à connaître parfaitement toutes les maladies qui affligent l’Eglise et qui réclament un remède, afin de pouvoir apporter à chacune d’elles les remèdes appropriés.

En ce qui concerne les remèdes communs à toute l’Eglise, parce que la réforme doit commencer en même temps par les plus hauts et les plus bas placés, c’et à dire par les chefs et les inférieurs, il faut d’abord jeter les yeux sur ceux qui sont-dessus des autres, afin que la réforme commence par eux, pour, de ceux-ci, dériver vers les autres.

Les cardinaux, les patriarches, les archevêques, les évêques et les curés ont immédiatement charge d’âme. Il faut absolument travailler à ce qu’ils soient tels qu’on puisse leur confier en toute sécurité le gouvernement du troupeau du Seigneur. Mais descendons aussi des supérieurs aux inférieurs, des chefs aux plus petits ; en effet, on ne doit pas négliger ceux par qui doit commencer le rétablissement des mœurs ecclésiastiques. Il ne faut absolument rien omettre pour que les enfants, dès l’âge le plus tendre, soient élevés dans la pureté de la foi chrétienne et dans une sainte conduite. Pour obtenir ce résultat, rien n’est plus efficace que d’enseigner saintement la doctrine chrétienne, et de confier l’éducation des enfants uniquement à des hommes bons et craignant Dieu.

Voilà, très Saint-Père, ce que Dieu a daigné me suggérer sur ce sujet très grave dans les circonstances présentes. Si, à première vue, cela paraît difficile, on doit le confronter à l’importance de l’entreprise, et cela paraîtra très facile. On ne fait pas de grandes choses sans de grands moyens, et les grandes choses conviennent aux grands hommes.

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