"Confiance, lève-toi, il t'appelle !"

Le Fr. Rémi-Clovis s'apprête à être ordonné prêtre. Il nous livre dans ces lignes quelques éléments de l'appel qu'il a reçu à suivre le Christ dans la vie religieuse assomptionniste et le service de l'Eglise et du Peuple de Dieu.



Qu’as-tu appris durant ton diaconat?

Durant mon stage diaconal, j’ai appris à servir. Ce fut un moment d’apprentissage et un moment de collaboration. Plusieurs services pastoraux ont marqué mon parcours diaconal.

D'une part, dans la préparation au mariage j’ai eu la joie de vivre des moments de rencontres enrichissantes avec pour thème « Les piliers du mariage : Liberté, Fécondité, Fidélité et Indissolubilité». J’ai beaucoup apprécié la méthode d’approche qu’utilisaient les couples accompagnateurs pour nourrir la foi des futurs mariés. Ce qui m’a fait grandir, c’est la qualité d’écoute que j’ai découverte : « Écouter… c’est déjà se mettre à l’écoute du Seigneur dans la prière, en la nourrissant de ce que vivent les différents couples: leurs joies, leurs difficultés, leurs malheurs… Lire ces événements sous le regard de Dieu et y vivre une mission pastorale ».

D'autre part la pastorale d'initiation chrétienne et la préparation au baptême. En tant que ministre ordonné j'ai pu célébrer pour la première fois des baptêmes d’enfants. Cela fut un moment de transmission de la Bonne Nouvelle du Salut aux parents des nouveaux baptisés, et aussi des moments d’apprentissage avec mon curé. C'est un acte qui a marqué mon existence en me plongeant dans la source infinie de la vie : « le fondement de notre foi… qui fait de nous des membres du Christ et de son Eglise ».

Je vivrai ma première nomination apostolique en demandant à Dieu la grâce d’être hardi, généreux et désintéressé.

Qu’est-ce que le ministère de prêtre va te permettre d'engager comme apostolat?

Je suis appelé à vivre ce sacrement de l’ordination sacerdotale dans le ministère que l’Eglise va me confier. Cela passe par le service de la prière, la disponibilité et la rencontre avec le Peuple de Dieu qui m'aideront à vivre ce ministère et à grandir en tant religieux sur le chemin du sacerdoce.

Je suis conscient aussi que c’est la communauté assomptionniste qui m’envoie car elle est le référent local de la vie missionnaire. Les prêtres sont les serviteurs de la parole de Dieu, les ministres de l’Eucharistie et des sacrements et les serviteurs du Peuple de Dieu. En tant que religieux assomptionniste, je vivrai ma première nomination apostolique en demandant à Dieu la grâce d’être hardi, généreux et désintéressé. Ce sont des critères fondamentaux sur lesquels je dois bâtir ma vie missionnaire sacerdotale : « Confiance ; lève-toi, il t’appelle » Mc 10, 49.

Dans ce ministère, je vivrai un temps d’apostolat à la paroisse Saint Irénée pour parfaire mon expérience. Ensuite une pastorale locale avec la communauté chrétienne de Valpré en lien avec la pastorale de la jeunesse pour le foyer de Valpré... enfin la communauté religieuse et autres activités de la province assomptionniste. Que le Seigneur m’accorde la grâce de vivre la « proximité » de la mission auprès de son peuple, d’être un prêtre selon son cœur et être « humain ».




L'Assomption a-t-elle plus besoin de prêtres au Burkina et au Togo qu'en Europe?

Même si c’est à l’âge de sept ans que j’ai senti le désire de donner ma vie à Dieu, j’ai compris que l’essentiel ce n’est pas la finalité : « Je veux devenir prêtre », mais la fidélité et le «oui » au quotidien de la vie. La vie religieuse assomptionniste ne se résume pas à vouloir devenir prêtre. Elle est plutôt un temps de vie communautaire avec son interculturalité, un temps de vie apostolique : « Etre des hommes de communion, qui proposent la foi, solidaires des pauvres et des petits », une ré-expression des trois dimensions d’unité, de vérité, de charité.


Nous ne devons pas oublier que
toute terre est une terre de mission.

C’est cette dimension d’unité, de vérité, de charité qui a suscité mon désir d’engagement à l’Assomption en tant que religieux avec cette prière « Que ton Règne vienne ». Donc, l’Assomption a besoin de religieux d’abord. Ce qui vient ensuite ; le ministère diaconal, presbytéral, épiscopal est un appel de l’Eglise qu’il faut entendre sous le regard miséricordieux du Seigneur. Si l’Afrique, des pays comme la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et le Togo sont des terres de mission…, nous ne devons pas oublier que toute terre est une terre de mission. L’Europe non plus, n’est pas une terre isolée qui n’aurait pas besoin d’entendre ou de réentendre la Parole de Dieu dite par d’autres missionnaires venues d’autres continents. L’Assomption a besoin de frères religieux partout où se trouvent des communautés locales afin de témoigner et de faire advenir le règne de Dieu. Quant au besoin de prêtres, cela est un appel de Dieu pour un besoin réel de chaque lieu de mission. Où se trouve des hommes et des femmes, là se trouve le cœur de Dieu, là se trouve des vies humaines à accompagner, à porter vers le Christ pour la plus de Dieu advienne.

Fr. Rémi-Clovis Kientega

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